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lundi 3 mai 2010

Transport en commun. Gratuit ?

Qu'il s'agisse du Télégramme ou de Ouest-France, les deux quotidiens reviennent ce lundi 3 mai sur la question posée par Elisabeth Hascoët lors du conseil, à savoir si Douarnenez ne devrait pas penser à passer Tudbus en réseau gratuit. Une question que les Verts aiment à poser, mais à laquelle ils n'ont eux-mêmes pas de réponse ferme*.

La première satisfaction est de constater l'augmentation de fréquentation du réseau, hors transport scolaire. 124 007 voyageurs ont ainsi été transportés au total en 2009 contre 113 230 en 2008 (+9,52%). Si le transport scolaire est en baisse de 1990 voyageurs sur l'année, soit 4,58% de moins en fréquentation, les cartes mensuelles et Pass viennent compenser cette perte, en augmentation de 30,53%, soit 2842 voyageurs supplémentaires. Une hausse qui se constate aussi côté billet unitaire (+15,7%). Côté gratuit ? La journée de la mobilité et l'opération Noël à Douarnenez ne représente que 1,63% du trafic total, soit 2024 voyageurs.

Qu'est ce qui pousserait à la gratuité ?
Le problème d'Elisabeth Hascoët lorsqu'elle a évoqué la possibilité d'un transport en commun gratuit à Douarnenez, a été de ne pas indiquer fermement pourquoi il serait bon d'envisager le 0€ pour le bus.

L'élue a bien sûr manifesté plusieurs arguments qui pousseraient à le faire, notamment en raison de facteurs sociaux. Il n'en reste pas moins que le bus de ville est déjà gratuit pour nombre de personnes qui pourraient l'utiliser, comme l'a rappelé Françoise Menou. Quant aux scolaires, le prix du transport ne semble pas démesuré face à celui des produits pétroliers et des coûts engendrés par un transport urbain réalisé en voiture individuelle. (La page Tudbus sur le site de la mairie.)

A l'instar de cette problématique sociale se pose aussi celui de la fréquentation des commerces du centre-ville. Le bus serait-il un bon palliatif pour juguler la baisse de clientèle ? Permettrait-il aux commerces de rencontrer des acheteurs plus nombreux ? Rien n'est moins sûr…

Il serait d'autant plus difficile de répondre à cette question qu'aucun plan de déplacement urbain n'existe à Douarnenez, la commune, par sa taille, n'y étant pas soumise. Cependant, c'est le SCoT, le Schéma de Cohérence Territoriale qui aura à y répondre. Suite au Grenelle de l'environnement, c'est en effet le Syndicat Intercommunautaire Ouest Cornouaille Aménagement, alias SIOCA, présidé par Jos Le Gall, qui est en charge de la manœuvre.

Actuellement, Tudbus rayonne par 3 lignes courantes sur la ville de Douarnenez et ses quartiers, du lundi au samedi.  Deux lignes complémentaires viennent s'y ajouter. Celle de Lannugat, vers la zone d'activités en semaine et le mercredi, une ligne scolaire à l'heure méridienne. La ligne des usines, il faut le noter, a connu entre 2008 et 2009 une progression de fréquentation conséquente (+37,8%), passant de 1778 à 4699 passagers.


Au-delà de ce tour d'horizon, et dans une ville qui reste malgré tout en proie à de nombreuses incivilités pour lesquelles le contribuable paie au quotidien, la gratuité, serait à mon avis, un facteur qui rendrait les outils attaquables et dégradables.

Enfin, n'oublions pas que là où il y service, il y a un coût. Car il y a de l'humain, des emplois, qu'il s'agisse de moyens de la ville ou de ses délégataires. En ces temps où les finances publiques ont du mal à être à l'équilibre, il serait fallacieux de faire croire que tout est un droit, que tout peut être gratuit. Le prix à payer à Douarnenez pour se déplacer, reste par ailleurs relativement faible. La gratuité amènerait-elle une amélioration du service ? Pas certain...
Thomas Rocher
    * La réflexion menée par les Verts de la région de Lille. A lire aussi l'étude du Prédit (Programme de recherche et d'innovation dans le transport terrestre), accessible en Pdf sur cette même page .
     


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    dimanche 6 septembre 2009

    Asteel – Beau gâchis

    Depuis le vendredi 4 septembre, les jeux sont faits. Les 134 salariés d'Asteel Flash sont sur le carreau. La liquidation maintenant prononcée par le tribunal de commerce, Douarnenez va devoir à nouveau panser les plaies de personnes, laissées en rade sur le bord de la route.

    La faute à la crise ? Pas uniquement. Celle du syndicat CGT ? Peut-être, mais… pas seulement. La responsabilité du groupe Asteel, très fortement. Et nos élus, eux, qu'ont-ils fait ? Difficile de juger, en l'état.


    Alors que, contexte de crise aidant, les médias n'ont de cesse de nous abreuver d'informations oscillant entre crise durable, récession, reprise et autres rogatons ; les salariés d'Asteel à Douarnenez vont goûter au terme chômage et à toutes ses conséquences. On ne peut que leur souhaiter bon courage. D'autant plus difficile à avaler, en cette période de rentrée scolaire.

    Pourquoi le site ferme-t-il ? A n'en pas douter, il ne faut pas aller chercher plus loin que la notion de profit et de rentabilité, visée par la direction du groupe. Rien qu'en France, la suppression du site de Douarnenez représente une disparition de 10% des effectifs d'Asteel Flash dans le pays. Et sur son site web, Asteel Flash l'affirme :

    "En 2008, les revenus annuels d'Asteel Flash ont atteint les 600 millions de dollars et les revenus anticipés pour l'année en cours sont de 650 millions. La solidité financière de la société, notamment au niveau des liquidités, servira de tremplin pour sa croissance à long terme et ses politiques d'investissement.
    Nos priorités : Innovation - Flexibilité - Expertise"

    Voilà qui ne peut que laisser songeur face au drame douarneniste… La flexibilité, mise en exergue par Asteel Flash est bel et bien en marche.

    Au vu des chiffres, il reste cependant une question. Pourquoi une si mauvaise sortie de conflit à Douarnenez ? Pourquoi, même si Asteel Flash se sent l'envie de fermer son site breton, ne daigne-t-il pas offrir une sortie digne à ses salariés ? Ont-ils autant démérité que cela ? Sont-ils si fautifs ? Pourquoi cette ultime humiliation ?

    Je n'ai pas de réponse à formuler sur cette ultime question. Je n'étais pas sur place pour juger de la pertinence de l'action syndicale engagée. Il y a eu certainement crispation, friction et incompréhension. Ce qui n'explique pas tout. Malgré tout, la lecture de la presse laisse songeur sur le delta qui pouvait exister entre l'action syndicale et l'aspiration des salariés.

    Ni fautifs, ni rien d'autre. Asteel a simplement saisi l'opportunité d'une rentabilité accrue et d'un dialogue social mal négocié.


    Demain lundi, rendez-vous en Préfecture. Phillippe Paul n'est pas à Falmouth. Il y pourra y être. William Boulic, lui, est quelque part en Grande-Bretagne. Sera-t-il à l'heure, au rendez-vous ? C'est la moindre des choses à espérer, alors que c'est la Communauté de communes qui a en charge l'économie. Et même si son président peut déléguer. 134, ce sont 90 personnes de plus, face aux 44 annoncées, au démarrage du conflit. (Lire aussi, ci-contre)


    Et la suite ?
    C'est le préfet qui semble avoir voulu réagir au plus vite :
    "Particulièrement attentif au devenir des 134 salariés, le préfet a immédiatement décidé de réunir les élus et les décideurs impliqués pour examiner au plus vite les solutions envisageables. Cette réunion se tiendra lundi 7 septembre en préfecture."

    Il semble qu'il existe à Douarnenez, sous la conduite de la Communauté de communes, présidée par William Boulic, une cellule de revitalisation pour la zone de Lannugat. Il va réellement falloir qu'elle s'active. L'édile de Douarnenez, le sénateur-maire Philippe Paul, va lui aussi pourvoir méditer ses propos. C'était en avril dernier, à l'issue de son déplacement en Chine (Lire ici). Dans le Télégramme, toujours, Philippe Paul nous disait :
    «Ensemble, nous avons envisagé un projet économique pour Douarnenez et l'affaire est en bonne voie»

    Filou, il va falloir aller le chercher, cet investisseur. C'est bel et bien le moment de prouver que ce n'était pas que des propos en l'air.


    Lannugat, morne plaine
    "Cela fait trente ans qu'on travaille ici […]. On est rentré à 17 ans, 20 ans. On a connu Matra, Nortel, Solectron, Asteel... À chaque changement de patron, on a perdu des choses. Le 13e mois, des primes... Mais au moins, on gardait notre salaire. Aujourd'hui, c'est fini. Je ne sais pas comment on va faire."

    Ce constat (Le Télégramme – 5/09/09) est cinglant. Une gifle, un cri de détresse. C'est la preuve qu'aussi "forte" que puisse être notre réglementation du travail, elle n'empêche pas de se retrouver abandonné, au bord de la route.

    Tout le monde partira maintenant avec le minimum légal. 1 mois de salaire pour 5 ans de travail. La belle affaire.

    Thomas Rocher
    Abonnées absents
    J'ai cherché les réactions des élus de gauche à ce séisme social et… Ben, c'est Waterloo, morne plaine. Damned !

    L'édition du dimanche, ce n'est pas forcément la plus lue, mais tout de même ! Hou, hou ? Y'a quelqu'un ?

    Le blog du PC est muet. Le site du PS douarneniste itou ! Les Verts en parleront. Dans l'agenda mis en ligne, hier samedi, c'est à l'ordre du jour, sans qu'il n'y ait une réaction.

    Je sais que c'est la rentrée des classes, mais tout de même.