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dimanche 25 avril 2010

L'amour rend aveugle

Dimanche dernier, bien inspiré, je ressortais les éléments de l'interview de Philippe Paul, fraîchement revenu de Chine. C'était il y a un an. Grand bien m'en a pris. Il en parle ce dimanche dans le Télégramme. Marie-Line Quéau est allée le revoir pour évoquer à nouveau ce voyage qui l'avait transcendé. Et en plus, pauvres pékins que nous sommes, d'autres et moi, n'avions rien compris à ce qu'il nous disait il y a un an. Cela vaut bien un retour à l'envoyeur et une nouvelle mise en boîte !

Appert, y'en a pas deux !
«L’intérêt des Chinois pour les technologies de la conserve telles que nous les maîtrisons ici est tout à fait réel, s’enthousiasme le maire. Et si certains ont pensé espionnage industriel, ils se trompent. Il leur faudrait dix ans pour parvenir au même niveau de résultats.»
Il faut toujours une bonne citation pour commencer. Celle-ci est parfaite ! Et au passage, c'est plus la technique de la conserve, que la technologie. Donc, explication de texte : les Chinois, ils sont gentils. Ils ne viennent pas espionner, ils n'en ont même pas besoin. On leur ouvre grand les portes pour que, dans dix  ans, ils puissent nous fourguer leurs produits en boîte.
"Une armée victorieuse remporte l'avantage, avant d'avoir cherché la bataille;
une armée vouée à la défaite combat dans l'espoir de gagner." Sun Tzu*

Le plus stupide dans cette assertion du sénateur-maire, au sujet de l'appertisation est sa conclusion.
«Non. Ce qu’il y a en ligne de mire, ce sont des échanges de savoir-faire.»
Elle est bien bonne ! Des échanges de savoir-faire. Quand il s'agit d'un sujet qu'ils ne maîtrisent que peu et sur lequel ils n'ont rien à nous apporter, on n'appelle pas cela "échange", on parle de transfert. Et pour tout vous dire, cher Philippe, ce savoir-faire coûte très cher. Moi, je serais Chancerelle, Franpac ou Le Guellec, je commencerais à faire le chiffrage de cette valeur pour pouvoir émettre les factures. Au pire, sans espoir d'être payé, je garderais portes closes. Cher Philippe, ton esprit "bienveillant" nous perdra. Mais la crème de ces propos reste à venir.
«La semaine dernière, avec les patrons de Chancerelle, Franpac et Le Guellec, nous aurions dû faire partie d’un voyage en Chine de la Bretonne Anne-Marie Idrac, secrétaire d’État au commerce extérieur. C’était calé. Au dernier moment, c’est tombé à l’eau. Des rendez-vous étaient pris avec des conserveurs là-bas, dans la province du Zhejiang. Une région extrêmement riche, avec un très grand port de pêche. Et quand ils font des investissements, ce sont des budgets considérables.»
Là, je me dis que les partenaires sociaux des entreprises concernées vont être heureux, enchantés d'apprendre qu'à leur tour, leurs responsables cherchent des pistes de délocalisation…  Excusez-moi, de développement.  Quant aux investissements, les Chinois les font chez eux et ont l'autofinancement nécessaire pour ce faire, sans apport extérieur. Le pouvoir de fascination de la Chine est intense.  Cette fois encore, je ne dois rien comprendre. Philippe Paul a la "vista", moi non.
"Une armée sans agents secrets est un homme sans yeux ni oreilles."  Sun Tzu*

Vous n'avez rien compris...
«C’était un projet de mécénat culturel et non un projet industriel comme certains l’avaient sans doute imaginé.»
Pour arriver à formuler cette phrase, il faut se remémorer, la saillie de notre sénateur-maire, il y a un an. Je vous incite à consulter l'article du Télégramme, in extenso, paru à l'époque, en cliquant ici :
>Le Télégramme – Douarnenez – 22.04.2009

Une nouvelle fois, pour ne pas dire, une fois de plus, nous n'avions rien compris à ce qu'entendait alors Philippe Paul par :
«Ensemble, nous avons envisagé un projet économique pour Douarnenez et l'affaire est en bonne voie»
Un an plus tard, pourtant, il lève enfin un coin du voile. C'est du mécénat. Et c'est une posture parfaite, le mécénat. Cela permet de ne livrer aucun nom. Malin !

"Toute guerre est fondée sur la tromperie." Sun Tzu*
Thomas Rocher

vendredi 16 janvier 2009

Mauvaise foi, ça continue…

Alors que nous retournons aux urnes ce dimanche pour élire le futur conseiller général du canton de Douarnenez, les discours remplis de mauvaise foi continuent de remplir les colonnes de la presse. Dernière démonstration, ce vendredi, dans le Télégramme.

Je ne reviens pas sur "l'amitié de 30 ans" entre Philippe Paul et Erwan Le Floch. Rien que dans le premier tract du candidat, la déclaration du sénateur-maire m'avait fait sourire. Autant que m'avait affligé le paragraphe du candidat sur la culture, nous renvoyant au simple patrimoine, et pas du tout vers la culture vivante et la création.

Le problème est plus aigu. Il vient du discours développé par Filou et son compère Willy à propos de la municipalité précédente. Dans le Télégramme, on peut ainsi lire (16/01/09) les propos rapportés de William Boulic :

«« […] L’intérêt pour nous d’avoir un conseiller général de notre équipe est clair ! S’il est élu, je lui proposerais d’ailleurs d’intégrer toutes nos commissions ». Le fera-t-il si l’élu est Hugues Tupin ? Un « sûrement pas » franc et massif en guise de réponse. « Je n’aurai pas été si catégorique avec Hervé Fourn, une personne moins bornée, avec laquelle on peut sincèrement dialoguer »...»


William Boulic serait-il déçu de constater que la Gauche, malgré tout, réussit à se rassembler avant le deuxième tour ? Chercherait-il à rallier quelques déçus du PS ? Quoiqu'il en soit, on ne doit jamais, me semble-t-il, mépriser son adversaire. C'est une règle d'or des honnêtes combats.

Le problème du premier tour et des nombreuses listes en course passé, ce discours serait-il emprunt d'un peu d'inquiétude, à la veille du second round ? Et puis, parce que la division est tout aussi réelle à droite qu'à gauche, que penser du Modem et d'un candidat déçu qui claque la porte et voterait bien à gauche, alors que son chef départemental vient soutenir le représentant UMP ?

Une chose est sûre, les frontières du découpage politique ont bougé. Sur ce point, Nicolas Sarkozy aura réussi son œuvre. En attendant, et pour au moins offrir un score moins lamentable que dimanche dernier, votons ! Et peut-être...

Thomas Rocher

lundi 12 janvier 2009

Minable !

Comment peut-on être fier de vivre en démocratie sans exercer ses droits ? Comment peut-on dire quoi que ce soit sur la politique menée, un moment l'autre, sans aller glisser son bulletin de vote dans une urne ? Comment peut-on être fier de soi, de vivre en France, sans participer à ces rendez-vous démocratiques et populaires ? Comment ?

Au terme de ce premier tour de scrutin, c'est bel et bien la question que je me pose. Je vais devoir me résigner et croire que tout le monde pense que tout va bien, que la vie est belle et que la politique, après tout, on s'en fout ! Et si c'était ça, finalement ?

Un chiffre à se mettre en tête et à garder sous les yeux : 69,63%. C'est-à-dire le taux d'abstention à Douarnenez ! Une honte ! Comment plus de deux tiers des électeurs ont pu rester le séant tranquillement installé dans leur fauteuil ? Comment ont-ils fait pour ne pas bouger le petit doigt et s'empresser d'aller passer quelques minutes dans un bureau de vote ?

Et pourquoi ne pas aller voter, ici à Douarnenez, pour donner tout de même un avertissement à cette municipalité qui ne cesse gémir, sans faire quoi que ce soit, si ce n'est ne rien faire ? Le grand prix de la mauvaise fois revient à nouveau au premier magistrat de Dz. On lit ainsi dans le Télégramme du lundi 12 janvier 2009 (vous m'excuserez d'avoir plus de sympathie pour Hubert Orione, que pour la plume dilettante et tapageuse de Ouest-France…), la déclaration suivante, faite par Filou, qui avait sans doute ouvert le champagne trop tôt :
« Pour les électeurs, le choix est simple. Il y a d’un côté un candidat qui était dans l’ancienne équipe connue pour sa mauvaise gestion et, de l’autre, un candidat qui a remis de l’ordre dans les finances.* » (sic)

T'as raison, mon Filou, dans la période actuelle, on n'est plus à une médiocrité près ! Remettre de l'ordre dans les finances supposerait que vous travailliez actuellement sur un budget qui est le vôtre. Ce n'est pas le cas. Pour rappel, la municipalité travaillera en 2009 sur son premier budget, plein et entier. Nous pourrons alors juger sur pièce !

Et puis, laisse-nous le temps d'apprécier encore quelques années de ton mandat et de ta remise en route de Dz. Cinq ans, c'est long, parfois… Surtout quand la conjoncture économique n'est pas bonne, et aussi, parce que l'idylle de ton mentor avec le peuple français à le temps de se vautrer et de projeter la France dans de sombres moments.

Oui, je l'avoue, je suis énervé. Pas encore dégouté. J'attendrai le second pour l'être, s'il se doit. Mais faut-il être devin pour constater que rien ne va mieux et que l'on attend, outre l'ile Tristan et quelques autres déclarations sur quelques putatifs projets immobiliers nous rapprochant plus de la Côte d'Azur que de notre charmante Bretagne, quelques desseins bien tapés et biens construits ?

L'esbroufe continue, puissance 10. Il faut faire des économies, nous a-t-on dit. Alors, aussitôt propulsé sénateur, les panneaux du parking de la mairie étaient modifiés pour afficher sénateur-maire, parce que "ça jette de la godasse" ! Et puis, parce que personne ne savait où était la mairie, on a acheté un joli totem et fait poser un lettrage sur les baies, histoire que les nouveaux ne soient pas trop perdus. Tout ça, forcément, pour pas cher.

Au second tour, donnons l'occasion à M. Philippe Paul, sénateur-maire, d'enfoncer un peu la tête entre ses épaules et de rabattre son prétentieux et méprisant caquet ! Un gamin. Ni plus, ni moins. Un sale gosse que ce maire qui aime à pavoiser. On attend les résultats de sa superbe politique. On sait d'avance qu'il n'y en aura pas. Restons cependant vigilants. Il serait capable de nous dire que c'est grâce à lui que le port-musée fonctionne bien et que la médiathèque rencontre son public grâce à l'investissement de la mairie. Non, je ne déconne pas en écrivant ceci… Vraiment.

Quant aux résultats eux-mêmes, je n'en suis pas déçu. Ils reflètent la campagne inexistante du premier tour et je suis au final bien content que ce soit Hugues Tupin qui reste en lice pour le deuxième tour. Ce n'est que justice.

Thomas Rocher

* A ceux qui seraient tentés de venir me dire que je me trompe de débat, je les renvoie vers Philippe Paul, car lui aussi, en ce cas.


PS : les résultats complets du premier tour (11.01.09) - source : Mairie de Douarnenez