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samedi 3 octobre 2009

Conseil municipal du vendredi 2 octobre. Et maintenant ?

Edito

Elle aura été longue, au final, cette séance du conseil municipal. Longue et… douloureuse pour l'opposition. Déjà réduite à peau de chagrin, la voici en une soirée, complètement détruite.

La liste de Philippe Paul a été longue, très longue. Sans concession. En tant qu'observateur, j'ai pu constater l'air affligé des élus de l'opposition. Mais étaient-ils affligés par la liste et la démonstration "violente" du maire ou par la véracité des faits jetés en place publique ?

Il existe dans toutes les assemblées élues des mystères sur le fonctionnement de celles-ci. Particulièrement sur le volet financier. Le sénateur-maire qui se félicitait des 44 000 € dont bénéficierait Douarnenez pour l'Ile Tristan, n'a pas dit le contraire, indiquant qu'il regrettait l'opacité du système. C'est un bon dossier dont le sénateur devrait se saisir, afin de remettre de l'ordre.

Voici maintenant que s'ouvre une période trouble pour la gauche municipale et la gestion de l'ancienne municipalité. Est-ce que tout est vrai ? Difficile à dire dans l'instant. Si ce n'est pas le cas, quelle position adopter ? Une plainte en diffamation devant la justice ? A suivre dans les prochains jours. Mais, face à un tsunami, c'est une fois le tremblement de terre et la vague géante passés que l'on pourra faire l'état complet des dégâts. Ils risquent d'être lourds…

A ceux qui lisent régulièrement ce blog, je n'ai jamais été en phase avec les idées et la politique défendue par la majorité actuellement en place. C'est un fait. Cependant, c'est un autre questionnement qu'il m'est obligé de poser à l'issue de ce conseil. Et si tout cela est vrai ?

Qu'importe l'accointance politique. La fonction d'élu oblige à l'honnêteté. On aura beau réaliser les plus beaux équipements, les plus belles fêtes ou les meilleurs aménagements urbains ; on aura beau vouloir réaliser les meilleures politiques sociales ; il n'en faut pas moins être irréprochable. Et il ne faut certainement pas piocher dans la caisse commune pour le plaisir d'happy few.

Il y a une différence entre le plaisir personnel et les politiques publiques. En ces temps de crise, l'honnêteté d'un élu se mesure encore plus à l'aune de tels faits. Il me reste cependant une dernière chose à dire. Les "pourris" existent de part et d'autre. Je ne veux pas croire (et personnellement, je ne le crois pas) que dans l'opposition, tout le monde le soit, même si le discrédit risque de toucher tout le monde.


Thomas Rocher



Post-scriptum
Les sardines sont-elles fascistes ?
Non.
Je ne sais de quel site web ou blog Philippe Paul voulait parler, tellement ceux qui parlent de la vie publique sont peu nombreux à Dz.

Il faut toujours manipuler les mots avec précaution. Fasciste est un terme lourd de sens au regard de l'histoire.

Thomas Rocher

Conseil municipal du vendredi 2 octobre. Autant en emporte le vent ! (Épisode II)

Le conseil en voie d'achèvement, la totalité des dossiers votée, Philippe Paul souhaite livrer aux élus une information sur la santé des finances de la ville. Et pas que ça…

Le courrier envoyé par le trésorier payeur met en avant que les finances de la ville sont en amélioration. Si au niveau remboursement de la dette, ce n'est toujours pas le grand soir, la situation se redresse, explique dans sa missive le trésorier-payeur. Le maire sourit et se félicite de l'embellie, sans vouloir crier victoire.

Car, la victoire, SA victoire, il l'a sous le coude, au sens propre comme au sens figuré. La couleur a-t-elle été choisie à dessein ? Ce n'est pas impossible. Le dossier est noir. Dedans, qu'y a-t-il ? Des factures.

Une première et une dernière
"C'est la première et la dernière fois que je me livre à cet exercice", clame Philippe Paul d'entrée de jeu. L'air est déterminé, le ton est ferme. Attention, ça va secouer ! Visiblement, certains élus de la majorité sont dans la confidence, d'autres pas. Quant à l'opposition, elle s'interroge. Mais, depuis la phrase mystère lancée pendant le conseil, la voie semble ouverte aux représailles.

« J'ai lu un certain nombre d'articles dans les journaux sur la venue de Jean-Pierre Raffarin à Douarnenez. J'ai lu aussi ce qui avait pu être écrit sur le web. Certains parlent de 40 000 euros. D'autres, sur internet, racontent tout et n'importe quoi. Des sites limite fascistes !* »

Sans citer tous les chiffres, Philippe Paul a d'abord souhaité revenir sur les dépenses de la ville à l'occasion du baptême du centre des arts. C'est-à-dire à peu près rien. Le sénateur-maire a affirmé sur l'honneur avoir quasiment payé la totalité du déplacement de l'ancien premier ministre sur ses émoluments propres, sauf le pot du centre, revenu à trois fois rien, soit 600 euros, si mes souvenirs sont bons.

Mais c'est ensuite que la tonalité a changé. Sur le mode "artillerie lourde", Philippe Paul s'est employé à ressortir les factures de représentation de la municipalité précédente, payées par les finances publiques. Et de manipuler avec grâce et délicatesse le total de 17 000 euros d'un salon du nautisme à Paris en 2007, et une longue litanie d'autres dépenses, comme des 500 euros de facture pour 5 personnes, "dans un restaurant bien connu de Douarnenez que je ne citerai pas. Ça fait cher de l'irish coffee !"

A cela, Philippe Paul a ajouté "le chapitre" Gil Schmitt (ancien directeur général des services de Dz, ndr)  au volet des dépenses à perte de l'ancienne équipe. Il n'a pas manqué non plus, en guise de cerise sur le gâteau, d'indiquer aux élus avoir du, dès sa prise de fonction à la mairie, devoir s'acquitter d'une ultime facture d'un peu plus de 1 000 euros en frais de bouche. "Et il y en a un dossier épais comme ça". N'en jetez plus, la cour est pleine !

Cadavres exquis
Il est certain qu'à l'issue de chaque élection, il peut rester des traces que l'on ne voudrait plus voir, et pourtant… Le maire de Douarnenez a réussi vendredi soir à exhumer des cadavres exquis du placard, sur le mode : Douarnenez n'a rien payé, c'était de ma poche. Avant de critiquer ce que je fais, balayez devant votre porte.

Le tableau a été tellement saisissant que l'opposition n'a pas moufté face à ce déballage**. Il n'en reste pas moins qu'il semble, en effet, qu'il y ait eu quelques dérapages visiblement mal contrôlés auparavant. Il ne faut pas confondre finances personnelles et finances publiques. Pourtant, certains chéquiers étaient visiblement mal et plus souvent sollicités que d'autres.

"Nous ne sommes pas 26+7, mais 33, conclura Philippe Paul. Si vous ne voulez pas travailler avec nous, c'est votre droit".

Le tsunami passé, Hugues Tupin a souhaité avoir des précisions sur le devenir des salariés d'Asteel et l'issue de la réunion en préfecture qui s'était tenue le 7 septembre. William Boulic a indiqué simplement que rien ne pouvait être dit avant le CE, que par ailleurs, tous les dispositifs existant allaient être sollicités. Il a conclu en répétant une nouvelle fois : "A une voix près, je regrette que l'on n'ai pas sauvé 80 emplois." Ce sur quoi visiblement, tout le monde semblait s'accorder, sans le dire à haute voix.


Thomas Rocher
* Lire l'édito : Et maintenant ?
**Monique Prévost était absente de ce conseil municipal.


Dernière modification - 05/10/09-6:30


Conseil municipal du vendredi 2 octobre. Autant en emporte le vent ! (Épisode I)

Le calme était annoncé. C'est pourtant un tsunami qui a balayé l'opposition lors du conseil municipal du vendredi 2 octobre. En cause, certaines factures de l'équipe précédente. Pourquoi ? Parce que l'on a senti un premier magistrat chauffé à blanc par la critique du passage de Jean-Pierre Raffarin, dans la cité penn-sardine.

C'est pourtant en toute décontraction qu'avait commencé le conseil. Une petite dizaine de personnes à l'ouverture dans le public et un ordre du jour léger. Bref, pas de quoi fouetter un chat. Tout devait rouler, tranquillement et a priori ne pas dépasser une heure, une heure et quart. C'était sans compter sur la casserole de lait oubliée sur le feu.

16 points inscrits à l'ordre du jour. Du normal, du courant, de la simple gestion. Entre temps, quelques questions, quelques demandes de précision au fil des dossiers. Et puis, arrivé au point n°9, à savoir la mise en place de panneaux photovoltaïques sur l'Ile Tristan, la pression est montée d'un cran.

Le déclencheur ? La réserve parlementaire
Dans ce dossier représente une dépense de 88 000 euros. 44 000, soit la moitié, ont été sollicités par Philippe Paul au Sénat et proviendront de la  réserve parlementaire. "Vous le voyez, par cette intervention, Douarnenez ne fera pas de dépenses inconsidérées." Interrogé par Hugues Tupin sur les conditions d'usage et d'attribution de la réserve parlementaire, à savoir ici, les crédits du Sénat, Philippe Paul n'y va pas par quatre chemins. "A titre personnel, je serai pour le supprimer carrément."

La discussion se poursuit. C'est Tangi Youinou, conseiller PS et donc toujours pour l'opposition, qui souhaite porter le fer. "Je suis content pour Douarnenez que nous puissions bénéficier de cet argent, mais dans une démocratie comme la nôtre, je m'étonne qu'un tel système existe encore." La réponse de Philippe Paul est sibylline. "Je suis content que tu t'en préoccupes et le regrette. On en reparlera tout à l'heure." Mystère !

Dans l'assistance, tant des élus que dans le public, certains gardent le sourcil levé, interrogateur. D'autres affichent un sourire qui en dit déjà long. La séance du conseil municipal ne sera pas aussi calme qu'attendue… Une ombre plane.

La séance se poursuit. Au fil des dossiers, passent quelques échanges, dont un croquignol sur les estacades du Port-Musée (Lire ci-dessous). L'opposition ne manquera pas non plus d'interroger l'équipe municipale sur les nouveaux aménagements prévus en mairie, face au redéploiement à venir, suite à la reprise des locaux de l'ancienne Trésorerie.

Les dossiers épuisés, Philippe Paul est à deux doigts de conclure. Cependant, il commence le deuxième épisode du conseil municipal. Beaucoup plus rude, pour ne pas dire mortel. Le tsunami se prépare…

Thomas Rocher


Au fil du conseil

Port-Musée

A la demande de la Région,  la deuxième tranche de travaux sur les aménagements muséographiques à l'extérieur est soumise au vote, pour une demande de financement à hauteur de 25%, soit 26 000 €. Elisabeth Hascoët pour les Verts, interroge le maire sur l'opportunité de rendre une partie des estacades au public, pour mieux profiter du Port-Rhu. Philippe Paul, très en verve, lui répond sans ciller : "C'est stupéfiant, (comme demande, ndr) de la part d'un parti ayant demandé la suppression d'une partie des estacades".
Heureusement, il ne reste plus de tarets…

Redéploiement des services de la ville à l'ancienne Trésorerie

138 200 € de travaux en prévision pour réaménager les locaux de la mairie actuelle, après redéploiement des services. La totalité des élus est d'accord sur l'obligation de réaliser des travaux. "On ne peut pas recevoir les gens dignement", ponctuera Philippe Paul. Tangi Youinou a cependant émis le vœu que les plans soient connus de tous. "Il n'y aura pas un bureau pour chacun d'entre vous (de l'opposition, ndr), mais vous aurez bien sûr les plans."
Le bruit court que le sénateur-maire souhaite voir son bureau agrandi, pour pouvoir disposer d'un salon. Maire et sénateur, deux fonctions, donc plus de place. CQFD

Impie soit-il !

La séance a été à deux doigts de virer au comique. Une pause avant la tempête. Toujours est-il que le conseil devait se prononcer sur "(l')abrogation du titre d'existence légale de la congrégation des Sœurs Augustines de la Miséricorde de Jésus de Douarnenez" (sic).
Tangi Youinou, a d'abord souhaité rectifier le titre de la délibération, rappelant à tous que Jésus était de Nazareth, et non de Douarnenez. Cela n'a pas manqué de faire sourire. Philippe Paul a souligné au passage les bonnes connaissances de Tangi Youinou sur le fait religieux. "Je suis passé par les écoles privée et publiques", lui rappellera ce dernier.
Au final, la question avant le vote sera ainsi posée par Philippe Paul : "Est-ce qu'on est d'accord pour dissoudre les sœurs ?"
Allez, Monsieur le maire, vous irez réciter deux "pater" et trois "avé" pour vous faire excuser de ce bon mot. Amen !


Emglev Bro Douarnenez ne s'est pas fait retoquer

Ultime délibération ajoutée en dernière minute à l'ordre du jour : Emglev Bro Dz. En vue, une subvention exceptionnelle de 2 500 € pour des festivités à venir, le 17 octobre prochain. Une subvention votée à l'unanimité. Pourtant, un esprit malin n'a pas manqué de poser la question de savoir si la discussion serait exécutée in fine. "C'est qui qui est visé ?", s'est alors exclamé William Boulic.
Ce à quoi, on a envie de répondre : "C'est celui qui dit qui est !" Certainement pour la subvention retoquée par le président de la communauté de communes (Lire ici)