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jeudi 3 mars 2011

Les Gras. "Je t'aime… Moi, non plus."

En ces temps de "vaches maigres", l'on se dit qu'une fête populaire comme peuvent l'être les Gras ne peut que faire plaisir à une municipalité qui doit ajuster ses budgets au cordeau. Une grande fête populaire à pas trop cher, ce devrait être bien...

Et non ! Les propos retranscrits dans nos deux quotidiens favoris sont sans appel. Jos Le Gall n'aime pas les Gras, Claudine Brossard non plus. Diantre ! Y aurait-il quelque chose de pourri à Douarn' ?

Allez, commençons par Claudine Brossard, dans le Télégramme du 1er mars :
"Nous serons vraiment soulagés quand les Gras seront finis", a souligné l’adjointe à la culture Claudine Brossard, qui se prépare déjà "à passer une des plus dures semaines de l’année"
Là, c'est sans appel. Soit Claudine Brossard fait les deux grosses soirées de samedi et mardi et se dit qu'il sera difficile de récupérer son sommeil, soit elle pense que la ville sera à nouveau à feu et à sang sans dessus dessous et qu'elle aura des difficultés à trouver le sommeil.

Continuons maintenant avec Monsieur Jos Le Gall, conseiller municipal délégué à la circulation et à la sécurité. L'an dernier déjà, les sardines avaient souligné combien la municipalité s'était grandement investie dans la sécurité.

On se rappelle à cette occasion que nos épiciers locaux avaient pris le problème à bras le corps et s'étaient interdits la vente d'alcool forts dans leurs rayons, à la plus grande joie de leurs concurrents voisins. Cette année, ce ne sera pas le cas. « L'interdiction était une initiative des grandes surfaces mais l'effet de surprise ne jouerait plus », indiquait l'élu dans Ouest-France.

L'an dernier, c'était :
"cette fête est sympathique mais elle dérive avec la teuf (sic) et l’alcoolisation massive de jeunes qui viennent s’arracher la tête. Et la ville ne veut pas de ça"

Cette année, c'est, nous rapporte le Télégramme :
"On espère qu’il n’y aura pas d’alcoolisation massive mais on fait un vœu pieu (sic) car on sait que les Gras servent à “mettre dans le cornet” (sic bis)… En tout cas, on veut éviter tous les débordements liés à l’alcoolisation"

C'est plus mezzo voce comme ton, même si le propos reste identique dans l'idée. Pas la peine d'être pieu pour autant. Laissons le bon dieu à d'autres occupations...

Pour tous les élus, mais aussi pour le préfet du Finistère, l'inquiétude vient du fait que les Gras aient lieu pendant les vacances scolaires. Donc, qu'il y ait un afflux de déguisés, et pas que ça. Dès samedi soir, Douarnenez sera bien gardée.

Au fait, les éléphants roses, c'est un message aux élus PS de l'opposition ? Quoiqu'il en soit, ça ferait un joli déguisement à qui voudrait le porter ! On souhaite vraiment une très bonne soirée à celui qui oserait !!!

Pas de bêtises, donc. La voiture, laissez la dormir tranquillement et vous avec. Et… couvrez-vous ! La nuit sera froide et l'alcool ne réchauffe pas. Bons Gras ! Et d'avance, les sardines adressent ses plus vifs remerciements aux pompiers et sauveteurs.



Thomas Rocher


dimanche 14 février 2010

Vœux pieux pour Gras sages... Partie 2 - Sans vente d'alcool (fort), la fête est-elle plus folle ?

Les Douarnenistes ont eu une surprise samedi 13 février, en se rendant dans leur grande surface ou dans les épiceries du centre. L'alcool fort avait été mis sous clé. Réelle prévention ou coup d'éclat ?

La mesure n'avait que peu filtré. Pourtant, samedi matin, il fallait se rendre à l'évidence : les rayons alcools forts des magasins étaient tous sous film plastique. En certains lieux parfois, avec un gardien du temple à proximité.

Le "rôle social" de la grande distribution
Après la réunion de la commission de sécurité, en début de semaine, et alors que Jos Le Gall déclarait vouloir une fête calme (lire ici), l'initiative serait donc venue du directeur du Centre Leclerc de Tréboul, partenaire des Gras. Une manière de traduire, selon lui, le "rôle non seulement économique mais également social des distributeurs."

Passé le cap de l'étonnement, les Douarnenistes et autres clients habitués à faire leurs emplettes du week-end dans les magasins penn-sardin*, n'avaient plus qu'à prendre leur voiture et se rendre un peu plus loin, à Plogonnec, voire Quimper, au cas où, pour que l'apéritif familial puisse se dérouler comme il se doit en ce dimanche.

Ce samedi, alors que Den-Paolig trouvait sa place au fronton des halles, les conversations sur le sujet allaient bon train. Côté adultes, les avis étaient plus que partagés. Du "ils auraient pu nous prévenir" au "il faut qu'ils arrêtent de nous prendre pour des c…", on pouvait entendre aussi "ça ne change pas grand-chose. Le vin et bière ne sont pas interdits" (de vente en magasin, ndr).

A renfort de contrôles de gendarmerie aux entrées de ville, l'opération de déminage aura-t-elle fonctionné ? Il va falloir attendre le bilan de la soirée. Et pour les commerces,  y aura-t-il eu un effet négatif ? C'est bizarre, les packs de bière se trouvaient en bonne position dans certains d'entre-eux. Parce que bon, hein, les affaires continuent.

L'effet surprise semble avoir quoiqu'il en soit, provoqué quelque chose. "Nous sommes dans le collimateur de la Préfecture, comme Brest et Quimper", me glissait hier William Boulic, sur la place des halles, alors que je lui demandais des explications sur les tenants et les aboutissants de la mesure. "En effet, il n'y a pas eu d'arrêté qu'il soit municipal ou préfectoral. Juste une initiative des commerçants." Et le premier adjoint continuait : "il faut absolument que la fête reste bon enfant. Sinon, elle disparaîtra."

Un réel problème de société
Au final, passé l'étonnement, cette mesure était-elle bonne ? Sans parler de teuf (parce qu'apparenté à la techno) et de binge drinking (dont il ne convient pas de masquer le vrai nom français, tout aussi parlant, à savoir biture express), mots en vogue dans la bouche de nos édiles actuellement, elle n'est pas forcément mauvaise. Elle a certainement pu éviter une surconsommation d'alcool à certains. Elle est aussi issue d'une initiative et non d'une décision.

Cependant, cette interpellation des esprits sur l'alcoolisation massive à l'occasion d'une fête, ne doit pas faire oublier que le problème persiste à se poser au quotidien, tous les autres jours de l'année. Les grandes surfaces doivent alors persister dans leur effort et … demander les cartes d'identité, chaque fois que nécessaire. On ne peut être vertueux un jour et peu regardant les autres. Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvage.

Enfin, parce qu'il s'agit d'un véritable "rite social" que le passage par la cuite, il faut aussi rappeler le nécessaire dialogue entre adultes et jeunes sur le sujet. Qu'il s'agisse des parents, des amis, nous avons tous un rôle, un moment ou l'autre, à jouer, dans les divers "passages" de la vie des plus jeunes. Il faut réellement cesser de les accabler, de les culpabiliser et véritablement les accompagner, les écouter, sur ce sujet et d'autres. Même si ce n'est pas simple.

Ce n'est que l'histoire d'une faille béante de nos vies en société, valable aujourd'hui comme hier, et dans le futur aussi. Un cycle permanent. Et longue vie aux Gras ! Ce moment reste une essentielle soupape de sécurité.

* Leclerc, Intermarché, Netto, Marché Plus, 8 à huit, Score, Lidl, Leader Price
Thomas Rocher

lundi 1 juin 2009

Du buzz, de l'alcool, des jeunes et ?... Pschitt !!!

Le 29 mai, à titre préventif, la Préfecture du Finistère s'est fendue d'un communiqué pour donner l'alerte sur un événement Facebook. En préparation, une "cuite géante" sur la plage des Sables-Blancs, à Tréboul, Douarnenez. Le communiqué, répercuté par l'Agence France Presse a mis les rédactions de France en ébullition. Quoi ? Des jeunes qui boivent ? Et qui se regroupent ??? Mais où allons-nous ?

Le Télégramme et Ouest-France ont bien évidemment repris l'information, eux aussi, puisqu'il s'agit de nos médias locaux. Et d'un coup d'un seul, à lire les papiers, l'on avait l'impression que Douarnenez tremblait. Douarnenez a peur !

La dépêche de l'AFP :


L'art et la manière
Ce qui est au final le plus embêtant n'est peut-être pas que les jeunes se rassemblent et s'alcoolisent, mais bel et bien que l'on les stigmatise sans offrir de quelconque alternative. Cette jolie petite ville de Douarnenez, dont on ne cessera jamais assez de vanter ses trois ports, ses nombreuses plages, son littoral et sa baie, est autrement plus sur le fil du rasoir au quotidien qu'à travers ces quelques rendez-vous épisodiques.


Commençons par le Préfet. Une alerte d'un gendarme qui a repéré une possible nouvelle "beach party" aux Sables-Blancs. Oui, en fait, ce serait là le deuxième rendez-vous que se donneraient ces jeunes. Deux semaines auparavant, en effet (dans la nuit du 21 au 22 mai), ils avaient donné le ton et s'étaient retrouvés sur cette même plage à quelque 200 personnes, en majorité mineurs (le tout, selon la Préfecture). Cette fois, à combien se retrouveraient-ils ?


Après le coma éthylique d'une jeune fille la première fois, quel serait le bilan à l'occasion de ce retour ? Bah, au final, une nuit pas plus agitée que cela à Tréboul, aux dires de la gendarmerie. Le Télégramme nous en livrait une autre version dans son édition de dimanche, avec trois commerces touchés et quelque dizaines des milliers d'euros de dégâts.


La vérité est ailleurs
On ne pourra pas dire que la gendarmerie n'a pas fait son travail. Un jeune majeur de 19 ans a été arrêté hier et a reconnu tous les faits. Mais passé ce constat, il se passe quoi ?


Il va peut-être falloir à chercher ailleurs que dans la simple alcoolisation l'origine de ces rendez-vous. Sans vouloir outre-mesure déculpabiliser ces garçons et filles (autrement plus respectable que le mot "les jeunes", qui signifierait que je les prends pour un simple et bête troupeau de "ruminants"), la vérité est ailleurs, comme diraient Scully et Mulder dans X Files.


Que faire, lorsque désabusé de tout, on veut quand même faire la fête ? La question semble rude posée ainsi, mais il faut bien se la poser. Alors, oui, l'on me répliquera qu'à 15 ans, on a le monde à portée de main, l'avenir devant soi, qu'il sera assez tôt d'encaisser les désillusions, un peu plus tard. Eux, ils y répondent peut-être simplement "Non, j'crois pas".


"La Crise" pour révélateur
A l'image de la Grande-Bretagne il y a quelques années sous le régime Tatcher, sommes-nous en train de prendre le virage de la crise, de la récession, de la peur, des lourdes angoisses et du besoin de lâcher de la pression pour ne pas exploser en plein vol ? Car, oui, en définitive, c'est peut-être cela (encore et toujours, diront les plus grincheux) qui inquiète ces garçons et filles : leur avenir.


Le panorama actuel ne va pas les rassurer. A 14, 15, 16 ans, on est forcément en période de troubles. Partagé entre l'envie d'en faire plus et les freins et interdictions pour pouvoir le faire. Et puis, il faut bien le dire, l'actualité particulièrement anxiogène de "La Crise" n'améliore rien au panorama peu radieux que leur offre leur pays dans l'instant.


Aux problèmes familiaux que peuvent vivre certains, il faut ajouter donc le contexte de "La Crise" dans on ne cesse de nous rebattre les oreilles. Et si l'on n'est pas touché directement, il y la famille, les amis, les copains en classe dont la situation est loin d'être au top. Alors, on fait quoi ? On cherche la fuite.

Surveiller, lutter contre ?
Il faut au moins en parler. Cela me semblerait-être un bon début. En parler, sans forcément virer à l'alerte rouge dès qu'un tel rassemblement, mis en exergue par l'effet Facebook, se produit. Et avant de crier à l'alerte générale, il faudrait aussi que certains se rappellent que leur première cuite, ils l'ont aussi prise à cet âge là, avec quelques copains. Les conditions n'étaient peut-être pas les mêmes, la finalité, si.


Le tabac, l'alcool, le sexe, la drogue… Et puis, tout ce qui va avec, en joies et déconvenues n'est pas prêt d'arrêter de faire tourner le monde. C'est un passage "rituel" vers la vie adulte. Il nous reste juste à trouver les bons mots, si tant est qu'un jour ce soit possible, pour savoir en parler avec ces jeunes, ces garçons et filles qui sont notre avenir et ne seront certainement pas plus bête que nous.


Thomas Rocher

Pour finir...
L'excellent site BienBienBien m'a mené cette semaine vers un très bon reportage photo sur les cuites anglaises. Je vous laisse découvrir et, au choix, rire ou en pleurer !

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